300 000 € à investir : France ou Dubaï sur 10 ans ?
- Marc Mauco

- 5 mars
- 4 min de lecture
On compare deux scénarios :
Scénario A : appartement locatif en France
Scénario B : appartement locatif à Dubaï (investisseur résident fiscal en France, imposé en France sur ses revenus mondiaux).
Les chiffres sont des ordres de grandeur réalistes, pas une simulation fiscale personnalisée.

Hypothèses de base
Montant investi
Capital total disponible : 300 000 €, supposé payé cash pour simplifier (pas de crédit).
Horizon de détention : 10 ans.
Bien locatif longue durée (pas de stratégie Airbnb agressive).
Rendements et fiscalité – France
Rendement brut moyen France : environ 4,8 % sur appartements, toutes grandes villes confondues.
Net de charges + taxe foncière : généralement 1,5–2 points de moins que le brut, soit ≈ 3–3,3 % net avant impôt.
Fiscalité loyers (profil « classique ») : IR + prélèvements sociaux ramenant souvent le net final vers 2,5–3,0 %.
Plus‑value : marché globalement stable à modérément haussier sur 10 ans, on prend +1 %/an sur le prix du bien (hypothèse prudente et moyenne).
Rendements et fiscalité – Dubaï
Rendement brut moyen appartement Dubaï : ≈ 7,07 % (moyenne récente).
Net de charges (copro, gestion, entretien) : net réaliste ≈ 5,5–6 %.
Fiscalité locale Dubaï :
0 % impôt sur le revenu locatif.
0 % taxe foncière annuelle.
0 % impôt local sur la plus‑value résidentielle.
Fiscalité France : le résident français reste imposable en France sur ces loyers, mais l’absence d’impôt local et de taxe foncière permet de conserver un net supérieur à la France pour un même taux brut.
Plus‑value : Dubaï reste un marché en croissance ; on prend une hypothèse prudente de +3 %/an sur le prix du bien (ni bulle, ni stagnation).
2. Scénario A – 300 000 € en France (10 ans)
Flux locatifs
Rendement net après impôts ≈ 2,8 %/an (milieu de fourchette 2,5–3,0 %).
Revenu net annuel ≈ 300 000 € × 2,8 % = 8 400 €/an.
Sur 10 ans (sans réévaluer les loyers pour rester prudents) :
Total des loyers nets ≈ 84 000 €.
Valeur du bien au bout de 10 ans
Hypothèse de +1 %/an sur la valeur du bien.
Nouveau prix ≈ 300 000 € × (1,01)^10 ≈ 331 000 € (arrondi).
Plus‑value brute théorique ≈ 31 000 € avant impôt.Après impôt sur la plus‑value et prélèvements sociaux (cas standard, détention 10 ans, donc abattements incomplets), une partie est ponctionnée – on reste prudent et considère ≈ 20–25 % de cette plus‑value qui part en fiscalité, soit un net d’environ 23–25 k€.
Résumé France – 10 ans
Loyers nets cumulés ≈ 84 000 €.
Plus‑value nette estimée ≈ 24 000 €.
Gain total ≈ 108 000 € sur 10 ans.
Sur 300 000 € investis, cela donne :
TRI simplifié proche de 3,3–3,5 %/an (mélange revenus + capital).
Scénario B – 300 000 € à Dubaï (10 ans)
On suppose un appartement locatif standard (JVC / Dubai Hills mid‑market par exemple) en location longue durée.
Flux locatifs
Rendement brut 7,07 %.
Charges (copro, gestion, entretien, vacance) : environ 1,5–2 points → net opérationnel ≈ 5,5 %.
Revenu locatif net avant fiscalité France :
300 000 € × 5,5 % = 16 500 €/an.
Fiscalité française (approche macro) :
Si on applique un niveau de ponction proche de ce qui s’applique aux revenus immobiliers (IR + PS), on peut perdre 25–35 % de ce flux selon le profil, mais sur une base plus élevée qu’en France grâce au net opérationnel supérieur.
Prenons un scénario médian : 30 % de ponction → revenu net final ≈ 16 500 × 70 % ≈ 11 550 €/an.
Sur 10 ans (sans réévaluer les loyers) :
Total des loyers nets ≈ 115 500 €.
Valeur du bien au bout de 10 ans
Hypothèse de +3 %/an sur la valeur (croissance modérée d’un marché en expansion).
Nouveau prix ≈ 300 000 € × (1,03)^10 ≈ 403 000 € (arrondi).
Plus‑value brute théorique : ≈ 103 000 €.
Dubaï n’applique pas d’impôt local sur la plus‑value résidentielle.
La France peut imposer cette plus‑value, mais l’absence de taxation dans le pays de la source évite la double imposition locale+France.
En restant prudent, on suppose ≈ 25 % de cette plus‑value qui part en fiscalité française :
Plus‑value nette ≈ 103 000 × 75 % ≈ 77 000 €.
Résumé Dubaï – 10 ans
Loyers nets cumulés ≈ 115 500 €.
Plus‑value nette estimée ≈ 77 000 €.
Gain total ≈ 192 500 € sur 10 ans.
Sur 300 000 € investis, cela donne :
TRI simplifié proche de 5,5–6 %/an (revenus + capital).
France vs Dubaï – synthèse du cas pratique 300 k€ sur 10 ans
Paramètre | France appartement | Dubaï appartement |
Paramètre | France appartement | Dubaï appartement |
Capital investi | 300 000 € | 300 000 € |
Rendement brut annuel | ≈ 4,8 % | ≈ 7,07 % |
Rendement net après charges | ≈ 3–3,3 % | ≈ 5,5 % avant fiscalité FR |
Loyers nets cumulés sur 10 ans | ≈ 84 000 € | ≈ 115 500 € |
Hypothèse hausse des prix | +1 %/an | +3 %/an |
Plus‑value nette estimée | ≈ 24 000 € | ≈ 77 000 € |
Gain total sur 10 ans | ≈ 108 000 € | ≈ 192 500 € |
TRI approximatif | ≈ 3,3–3,5 %/an | ≈ 5,5–6 %/an |
Fiscalité locale sur loyers | IR + PS + taxe foncière | 0 % local, seulement France |
Avec des hypothèses prudentes, pour 300 000 € immobilisés 10 ans, Dubaï peut générer un gain total environ 80 000–90 000 € supérieur à la France, principalement grâce à un rendement brut plus élevé, l’absence d’impôt local et une dynamique de prix plus favorable. Le trade‑off pour l’investisseur : accepter un marché plus lointain, en devise étrangère, et une gestion à distance, en échange d’un différentiel de rendement significatif.
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